‹ L'idée de l'Église: Dans ses rapports avec l'ÉtatChapitre 8 sur 12 · DE L’APPLICATION · texte numérisé non relu

DE L’APPLICATION

Puisqu'’aucun principe supérieur ne domine la question que nous étudions et ne nous impose une solution, c’est l'étude des faits qui doit déterminer notre choix. Nous devons examiner les avantages et les inconvénients de chacun des deux systèmes opposés, afin de pouvoir dans chaque cas particulier, adopter celui des deux systèmes qui nous parait offrir le plus d'avantages et la moindre somme d'inconvénients.

Il ne faut pas nous attendre à trouver au bout de cette recherche une conclusion absolue, à pouvoir déclarer que tout est bien d’un côté et tout mauvais de l’autre. Du moment où nous avons dû renoncer à découvrir un principe directeur, participant à l'autorité de la révélation, nous sommes entrés pleinement dans le domaine du relatif. Aussi n'arriverons-nous qu'à des conclusions relatives aussi bonnes, nous le croyons, dans les circonstances actuelles de la vie de l'Eglise, mais qui pourraient cesser de l’être si ces circonstances venaient à se modifier.

SADQU EE

Dans la ferveur de leur zèle certains partisans de la séparation se sont souvent permis de reprocher aux églises nationales .les ressources financières qu'elles tirent d'ordinaire de leur union avec l'Etat. Peu s’en fallait quelquefois qu’on assimilàt à une odieuse simonie la maigre part faite aux cultes dans les dépenses publiques.

Il nous est impossible d'envisager ainsi la chose. Dans la plupart des cas, ces allocations ne sont pas un don de l'Etat aux églises, mais le paiement pur et simple d’une dette, et elles ne représentent qu'un intérêt assez maigre des anciens biens d'Eglise réunis au domaine public. Alors l'Etat ne fait évidemment aucun don à l'Eglise, il sert simplement la rente d’une dette qu'il a contractée autrefois. Mais même lorsque la dotation d'une Eglise a une origine différente, on ne voit pas ce qui pourrait provoquer des scrupules, pour quiconque est persuadé qu’à côté de son prix inestimable pour les individus, elle est également d’une haute valeur pour la société! La dotation n’est qu’une subvention légitime donnée à une œuvre d'utilité publique. Mais, objecte-t-on, elle a pour effet de faire contribuer une partie des citoyens à l'entretien d'un culte qu'ils ne professent pas, qui peut-être leur est odieux. ‘A cela nous répondons que ce n’est pas là une chose particulière à la dotation des cultes, et que nombre d’autres articles des dépenses publiques sont dans le même cas. Les citoyens se rendent par le moyen des finances publiques des services mutuels dans bien des domaines, et l’on voit d'autant moins pourquoi les cultes serait exclus de ce bénéfice,

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