Idem
calisme paraît faire peu de cas des foules inconscientes ou insuffisamment éduquées. Sans doute cette conception aristocratique de l’organisation ouvrière existe-t-elle surtout chez les théoriciens attachés à leur notion idéale de l'artisan artiste (1) ; les militants insistent fréquemment sur la nécessité et la grande utilité qu'il y a à amener au syndicat la majorité des ouvriers de la profession. Mais ils sont pleinement d’accord avec les doctrinaires pour affirmer le droit des organisations à régir les masses inorganisées, le droit des minorités qui groupent des aptitudes et des dévouements à imposer leurs volontés aux majorités stagnantes. Cela résulte avec éclat dela pratiquesyndicale quotidienne pourlaquelle les inconscient sne sont que des «Zéros humains qui s’ajoutent à la droite des unités conscientes, des êtres inertes dont les forces latentes n’entrent en branle que sous le choc que leur impriment les énergiques et les audacieux (2).
» Le droit qu'a tout individu de se dresser contre l'oppression et l’exploitation est imprescriptible, dit encore M. Pouget dans une brochure de propagande (3)..., etle droit des foules aplaties, tant qu’il
1. C’est M. Sorel qui a le plus fréquemment établi des analogies entre les associations ouvrières et les communautés chrétiennes ou proprement monacales. Cf. Décomposition du marxisme, Réflexion sur la violence, Ruine du Monde antique.