Berth, Révolution sociale, p
cise, le plus souvent (1), elles procèdent plutôt de cet idéalisme démocratique qui fit les révolutions sanglantes que d'un état d'esprit de producteurs : les qualités ou plutôt les défauts qui s’y font jour sont ceux de la démagogie politique et l’autonomie de l’action ouvrière n’y apparaît pas aussi nettement que dans un conflit autour de l’usine. Il faut noter d’ailleurs que les théoriciens — uniquement dominés dans leurs spéculations par la considération de la production— se sont peu attachés à cette tactique de la « pression extérieure » sur l'État et aux mouvements de masse (2) qu’elle engendre. Lorsqu'il écrivit l'Avenir socialiste des syndicats, M. Sorel (3) ne pensait même point que ce fût par des assauts de ce genre que le pouvoir pourrait être battu en brèche : il s'agissait alors, selon lui, pour les sociétés de résistance, « d'enlever aux formes antiques conservées par les démocrates tout ce qu’elles ont de vie »,en ne leur laissant, & que les fonctions rebutantes de guet et de répression ». Quelque sympathie que son évolution postérieure puisse lui faire professer pour les manifestations violentes de l’action directe (sous les réserves que nous venons d'indiquer), rien cependant dans ses écrits n’autorise à croire que, parta-
1. L'écart le cas de la journée de huit heures, non celui des
bureaux de placement.