Cf. Pouget, op cit., chap. IV
2. Il s’agit des congrès corporatifs du mouvement syndicaliste qui prend naissance avec la création de l’organisation syndicale actuelle.
3. Cf. Rapport de la commission du Congrès de Toulouse. Boycottage et sabotage. Paris, Maison des fédérations, 1908.
que comme le fait de l’ouvrier qui «ne pouvant ou ne voulant pas recourir à la grève, continue de travailler soit en œuvrant mal ou trop bien ou trop lentement», et semble y accorder beaucoup moins d'intérêt qu’à la cessation proprement dite du travail. Le ton de M. Pouget dans son opuscule est, il est vrai, beaucoup plus catégorique (1).
Le sabotage apparaît, à première vue, comme la négation même de l'idéal de l’artisan-artiste cher aux théoriciens. Les qualités propres à fournir la base de cette culture morale qui assurera la victoire prolétarienne, sont précisément, selon eux, fonction de l'amour désintéressé que le producteur du grand atelier doit porter à sa tâche. C’est autour de celleci que devra se ramasser son existence entière, s’il veut être digne de l’affranchissement.
On conçoit dès lors qu’impliquant avec le mensonge le mépris de l’œuvre journalière, la pratique du sabotage ait paru à M. Sorel tout à fait impropre à «orienter les travailleurs dans la voie de l’émancipation ». C’estencore ici leur préoccupation éthique dominante qui écarte les théoriciens des militants. La conception que ces derniers se font de la violence semble donc en un sens traditionnelle: ilss’efforcent de restaurer dans le plan de l’économie, et en les adaptant au cadre de la vie ouvrière, les procédés