‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 116 sur 135 · Page · texte numérisé non relu

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Ed de la violence politique chers aux blanquistes, l’analyse psychologique des téflexions peut constituer la maîtresse pièce de la philosophie syndicaliste ; elle reste étrangère aux formules des militants.

S'ils diffèrent d’avis sur la nature et le rôle de la violence, théoriciens et militants s'accordent à voir dans la grève la forme type de l’action prolétarienne. Celle-ci, par le fait même de la cessation collective du travail acquiert, comme nous l'avons noté, la valeur d’une «rupture », «d’une négation théorique », € rupture dans l'harmonie des rapports » entre l’ouvrier etle patron,« négation de l'autorité et du droit patronal contre lesquels il s’élève (1) ». Mais sa force éducative ne réside pas seulement dans son affirmation de la lutte des classes : elle résulte de ce que, constituant à proprement parler la pratique de celte lutte, «un épisode de la guerre sociale» dit M. Yvetot (2), elle exige du prolétaire certaines des qualités qui assureront son triomphe. Ce sont, au premier rang, le déploiement de l'énergie entière de chacun et l'exercice constant de la solidarité chez tous ; or, l’on ne saurait attendre ces vertus de travailleurs inorganisés ; le syndicat, seul,est susceptible d’en assurer l’éclosion. Instrument de l’éducation ouvrière, le groupement syndical trouve dans

1. Griffuelhes, les Objectifs de nos luttes de classes, p. 26. 2. A.B.C. syndicaliste, p. 48. Bibliothèque syndicaliste.

la grève son terrain propre, lui seul est capable d'apprendre aux producteurs à manier cette arme naturelle de lutte «qui est» d’un fonctionnement délicat, exigeant de bons manœuvriers, en substituant à la spontanéité des manifestations brutales d'antan le choix de l'heure et des circonstances (1). C’est dans ces cadres seulement que le conflit usinier «stimule l’ouvrier, éduque, l’aguerrit, le rend fort, par l'effort donné et soutenu lui apprend la pratique de la solidarité » (2). Grâce à lui, la grève devient un phénomène de vie collective, de psychologie collective, «où entrent en jeu des sentiments collectifs très-puissants, très contagieux » et où « légoïsme individuel, l'intérêt privé, les petites lächetés secrètes disparaissent» (3); elle constitue dans notre monde moderne en pleine dégénérescence, l’acte social par excellence, ce qu'était autrefois la guerre, l’acte qui doit engendrer un nouveau sublime et reconstituer une nouvelle société, une morale et un droit nouveau (4). On conçoit donc que les travailleurs conscients s'opposent de tout leur pouvoir et par tous les moyens aux tentatives

de la démocratie qui s’efforce de pervertir la grève,

1. Grifluelhes, op cit. p. 28. «Il faut s’entourer de garanties dit encore M. Griffuelhes.» — Cf. également Voyage révolutionnaire.

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