‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 26 sur 135 · Cf. Sorel, Décomposition du marxisme · texte numérisé non relu

Cf. Sorel, Décomposition du marxisme

2. Le mot est de M. Benedetto Croce, Matérialisme historique et économie marxiste.

sie sociale » dont parle M. Sorel (1). Quoi qu'il en soit, cette partie de la doctrine et son fatalisme apparent comptent parmi les origines théoriques d’une certaine conception de la lutte des classes (2).

Ayant déclaré que la bourgeoisie périrait par ses propres armes,le Manifeste ajoute : « Ce ne sont pas les armes seulement dont elle périra qu’elle a forgées. Les hommes aussi qui useront de ces armes... c’est elle qui les aura engendrés (3). » Ce passage nous paraît capital, parce qu'il illustre parfaitement le point de vue historique de Marx, tel qu’il ressort de différents textes :

« M. Proudhon, l’'économiste, lit-on dans la Misère de la Philosophie, a très bien compris que les hommes font le drap, la toile, les étoffes de soie dans des rapports déterminés de production. Mais ce qu’il n’a pas compris, c’est que cesrapports sociaux déterminés sont aussi bien produits par les hommes que la toile,le lin... En acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changent leur mode de production,ils changent tous les rapports sociaux (4). » En 1847, par conséquent, alors que depuis quelques

1. Cf. Décomposition du marxisme, chap. V. En sens contraire: A. Labriola, Karl Marx, chap. IX. L'auteur montre que les erreurs de Marx viennent de ce qu’il ignorait les conditions véritables de la grande production mécanique.

2, Cf. notre chap. IV.

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