‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 88 sur 135 · Cf. Berth, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Berth, op. cit., p

politique de la mettre à la raison, et son premier soin est d'employer à des fins politiques les armées que l’industrie moderne met à sa disposition. C’est un blanquisme renouvelé, adapté aux aspects nouveaux de la vie sociale, une conception d’action et de lutte violente par conséquent, mais qui par le jeu même de son mécanisme, va se nier comme telle en se transformant en socialisme d'État.

$ 3.— LA LOL DE TENDANCE DU GUESDISME

Dans la conception originaire du guesdisme, le suffrage universel, instrument d’unification et de concentration destiné à transformer en armée politique les masses ouvrières, prépare le choc final qui permettra à une minorité dictatoriale, forte des millions d’adhésions constatées aux précédents scrutins, de s'emparer des organes de la société bourgeoise pour transformer la société, en intégrant la vie économique dansle mécanisme politique et administratif (1). Il apparaît donc comme la forme d’action

1. Cf. Le passage cité du discours de M. Guesde sur la solution collectiviste: « Elle déclarera biens nationaux... etc., ainsi queses explications sur l’usage de la réquisition dans la société collectiviste dans le même discours. (Quatre ans de lutte de classes à la Chambre).

par excellence, celle qui permet de ne point rester inactif, tant que le moment d’être héroïque (1) n’est pas venu; mais c’est une forme qui présente ce grave inconvénient d’être essentiellement intermittente. Or l’on ne constitue point un parti, surtout un parti ouvrier, en se bornant à convier les masses à de grandes manœuvres fort espacées et dont on affirme la valeur purement éducative. Les partis ne vivent que de l’action continue sur des objets immédiats ou prochains, c’est-à-dire qu'ils impliquent des programmes énumératifs de réformes. Ceux-ci ne se rédigent point dans l’absolu et arbitrairement : ils s'efforcent avec plus ou moins de succès d'adapter les doctrines au tempérament national, àla tradition politique du peuple et aux contingences de l'heure présente.

Le programme guesdiste ne devait pas échapper à cette loi, et l’on aurait pu conjecturer à l’avance ; le guesdisme constituant déjà dans sa partie proprement doctrinale et son plan d'action une adaptation qu’il offrirait à un très haut degré ce caractère de dégradation de la doctrine.

Pour embrigader les masses sous une bannière politique nouvelle, il était nécessaire de faire état des thèmes politiques traditionnels et le programme de

Page 1