Cf. État politique et morale de classe, p
1880 (1) n’y manqua point. Sa partie économique est précédée d’une partie politique où figurent la plupart des grandes réformes préconisées par l'opposition démocratique du second Empire. En s’engageant sur ce terrain, les guesdistes acceptaient, consciemment ou non de collaborer avec toute la démocratie avancée hostile à l'idéologie socialiste: ce parti de classe dès sa première démarche nie l’'opposition des classes, en admettant la possibilité d’une lutte commune en vue d’un but identique. D'autre part, parmi les « revendications immédiates » d'ordre économique on relève de graves atteintes au droit de propriété (2) procédant de cet ensemble de mesures que Marx croyait provisoirement nécessaires, une fois la dictature du prolétariat établie. Le guesdisme, lui, les exige de l’État bourgeois, préalablement à toute action violente, etil collaborera avec tous ceux qui, se réclamant ou non de la lutte de classe, tenteront de les réaliser, c’est-à-dire ici encore avec la démocratie avancée. Ainsi, créé pour
faire une scission radicale avec la bourgeoisie et se
1. Programme adopté conformément aux décisions du Congrès de Mar:eille par le Congrès régional tenu par la Fédération du Centre à Paris en 1880, et par divers congrès régionaux. Marx en avait rédigé les considérants, mais nous savons par une lettre d'Engels (Cf. Zévaès, op. cit.) qu’il refusait d’accepter la paternité des articles.
2. Cf. les articles 11 et 12 dela partie économique in Zévaës, opuscule cité, annexes p. 240.
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séparer d’elle « sur tous les terrains à la fois, intellectuel, juridique, politique et économique » (1) le parti ouvrier se nie comme parti de classe en poursuivant de concert avec d’autres partis des buts qui ne sont pas spécifiquement ouvriers. Cette négation ne fera que s'affirmer à mesure que le guesdisme gagnera en importance et que son action prendra de plus en plus la forme que revêt celle de tout partidans les sociétés politiques modernes, à savoir: la vie parlementaire. Onpouvait,àla rigueur, considérer le programme de 1880 comme une déclaration de guerre, mais quand ils’est accompagné d’une partiemunicipale (2), d’une partie agricole (3) et d’une partie maritime (4), il faut bien y voir —- en même temps qu’un appel à des suffrages moins spécifiquement ouvriers -- la base très étudiée d’un travail positif de réforme législative. Le suffrage universel qui originairement avait pour seule fonction « derallier la classe ouvrière »... pour «l’organiser en force distincte capable de briser le milieu social » (5) apparaît maintenant ayec une mission plus immédiatement féconde. A la veille des
1. Cf. lerapport de la sixième commission au Congrès de Marseille. Zévaès, p. 3y.