Fribourg, op. cit., pp. 30-31 et
la Liberté. Tolain, Fribourg et Varlin avaient trouvé contre les armées permanentes un texte décisif. Il y a dans la Pharsale de Lucain un certain lieutenant, mal frotté de rhétorique dans quelque école espagnole, qui dit à son maître César : « Si tu veux que la poitrine d'un frère, la gorge d'un père, les entrailles d'une épouse chargée d'un fruit vivant, soient frappées de mon glaive, parle, ma main tremblante va t'obéir... Ordonne, quelle ville doit être bientôt une ruine? Fût-ce Rome, elle périra. » Ce grotesque personnage fut amené par Tolain, en 1866, sur l'estrade du Congrès de Genève, comme spécimen de l'obéissance passive; et le groupe français de l'Internationale prit l'auteur de la Pharsale à témoin, que « la discipline est la négation de la liberté, et par conséquent de la moralité du soldat». On expliquait, au surplus, que le soldat n'est qu'un « parasite », et l'on concluait : « Si nous voulons être libres, il faut que nous soyions nous-mêmes notre police et notre armée. Se donner des gardiens, c'est se donner des maîtres1. »
Aussi n'attendit-on pas le prochain congrès de l'Internationale pour essayer de créer, en France, une ligue du désarmement : Tolain, Fribourg, Charles Beslay, figurèrent parmi les instigateurs. Invectives contre le militarisme professionnel, apologie du système des « milices nationales » ; ainsi se résumaient les considérants de leur programme. Ils demandaient, en finissant, que les milices fussent organisées, « comme moyen tran-