X INTRODUCTION
ment de l'indépendance individuelle, conséquence du suffrage universel et de l'exercice incessant de la souveraineté, n'est pas de nature à fortifier le respect de la discipline ni même le culte de la loi L'éducation militaire me paraît le plus puissant moyen, je ne dis pas de relever, mais de maintenir le niveau moral, par l'enseignement de l'obéissance raisonnée et des sacrifices légitimes1. »
Les troisième, quatrième et cinquième chapitres de notre livre s'attardent complaisamment à cette longue période d'harmonie entre l'idée de démocratie et l'idée de patrie, entre la République Française et l'armée de la France. Ils montreront, j'espère, comment la République et comment la France recueillirent les fruits de cette harmonie; comment Gambetta et Ferry voulurent être fidèles à nos traditions politiques nationales et prendre avec honneur l'héritage de l'honneur français; et comment enfin, sous leur garde efficace, la République vouait à son armée, devenue « quelque chose d'intangible et de sacré, un culte vraiment superstitieux2 ».
Mais une évolution s'est dessinée, que notre dernier chapitre essaiera de noter ; et, comme il est dans la destinée de certaines vieillesses de ressembler beaucoup à l'enfance, on peut se demander avec quelque apparence de raison si la troisième République aurait hâte de vieillir, et pourquoi... Car certains échos de son enfance, du
1. Lhomme, Code-Manuel des bataillons scolaires, pp. 185-188.
2. -J'emprunte à un professeur de l'Université de Bordeaux, M. Durkheirn. ce « signalement" de la République d'hier; dans sa pensée, c'est une critique... Croit-il. d'aventure, qu'une "superstition», qui fut celle de Gambetta, puisse être un épouvantai!?