‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 113 sur 331 · Gaidoz, Revue des Deux Mondes, 1811, I, pp · texte numérisé non relu

Gaidoz, Revue des Deux Mondes, 1811, I, pp

vait-il, que nous avons de la peine à prendre pied : on craint en Allemagne que notre Union ne soit une œuvre dans l'intérêt de la France » ; et vainement laissait-il entendre que les rares adhésions qu'il avait recueillies dans la presse badoise avaient peut-être récompensé ses efforts, mais non point dissipé sa tristesse. Vainement, enfin, Mme Ackermann, familière avec la cour de Berlin, où son mari avait occupé une fonction de secrétaire, représentait-elle à ses compatriotes que leur admiration béate pour les efforts unificateurs de la dynastie prussienne était grosse de périls ; elle leur répétait les propos mêmes du futur Frédéric III, qui, malgré sa sympathie pour notre génie, donnait comme tâche à la Prusse l'amoindrissement de la France : les correspondants de Mme Ackermann laissaient dire la sagace informatrice, et leurs préjugés passaient outre.

Lors même que M. Stoffel1 et lors même que M. Lefebvre de Béhaine2 eussent mis l'opposition en tiers dans les anxieux propos qu'ils tenaient au Gouvernement impérial, l'opposition, qui, dans la suite, accusa le second Empire de ne les avoir pas entendus, eût été la première à refuser de les écouter. Il semblait que certaines oreilles demeurassent volontairement rétives.

1. Stoffel, Rapports militaires écrits de Berlin, 1866-1870 (Paris, Garnier, 1871).

2. Voir Goyau, le Comte Ed. Lefebvre de Béhaine, p. xviii (Paris,. Lethielleux, s. d.). — « Les populations allemandes en général, écrivait de son côté, le 5 janvier 1868, M. Benedetti, regarderaient la lutte, quelles que soient les circonstances au milieu desquelles elle éclaterait, comme une guerre d'agression de la France contre leur patrie, et, si le sort des armes leur était favorable, leurs exigences ne connaîtraient plus de limites.» (Cité dans Jules Favre, Gouvernement de la Défense nationale du 30 juin au 31 octobre 1870, p. 355. Paris, Pion, 1871.)

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