‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 120 sur 331 · Monde maçonnique, 1867-1868, pp · texte numérisé non relu

Monde maçonnique, 1867-1868, pp

les liens qui unissaient la France à l'Allemagne1 ; tantôt, c'était un somptueux gala dans lequel Colfa vru et M. Henri Brisson choquaient leurs verres, au nom du Grand-Orient et du rite écossais, avec MM. Meyer et Brinck, représentants des Frères d'outre-Rhin; l'émotion croissait lorsque Lachainbeaudie, dans une fable en vers, apprenait à Colfavru et à M. Henri Brisson que « myosotis » se dit en allemand \ergiss mein nicht; et elle n'avait plus de bornes lorsque, se tournant vers MM. Meyer et Brinck, il leur révélait, inversement, que Vergiss mein nicht se traduit en français par « myosotis2 ». Andréa Crispo, le publiciste maçonnique de Palerme, semblait mêler deslarmes à son encre pour mentionner la Concurdia : « Un Italien applaudissant à une œuvre allemande en France : tels sont les heureux résultats de l'institution maçonnique3 »; et les francs-maçons de Màcon, dans une lettre à un prêtre lyonnais qui les avait attaqués, disaient avec fierté : « Il y a moins de divergence entre les maçons de France et ceux de Prusse ou d'Angleterre qu'entre les tendances ultramontaines du Monde et le néo-catholicisme du Correspondant'1. » L'unité maçonnique était plus parfaite que l'unité catholique; l'acacia d'Hiram supplantait, en définitive, le sénevé de Jésus.

Chantait-on, par hasard, dans la loge Concordia, les cantiques maçonniques allemands publiés en un gros recueil à Berlin, en 1865, par les soins de

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