‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 13 sur 331 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

gisme, publier un volume sous le titre : l'Humanité et la Patrie.

Un « grand penseur espagnol » , qui a nom Lozano, prêtait généreusement à M. Alfred Naquet l'idée maîtresse de ce livre; et cette idée se formulait ainsi : « Le patriotisme du Français véritable, fils de la patrie de Victor Hugo et de Berthelot, consiste à ne pas avoir de patrie *. » M. Naquet déclarait pourtant aimer la France, mais comme dans le passé il aimait la Grèce et Rome. Son patriotisme faisait de lui le compatriote de Bebel, de Zorilla, d'Herbert Spencer; mais il s'empressait d'ajouter: «M. de Mun n'est pas mon compatriote, M. Buffet ne l'était pas. » Ainsi la patrie, telle que la concevait M. Naquet, était aussi rigoureuse en ses ostracismes que complaisante en ses naturalisations. Jeanne d'Arc en était exclue; pour M. Naquet comme pour M. Laurent Tailhade, elle ne fut qu'une « cabotine » qui, « en donnant la victoire aux Valois contre les Plantagenets, sauva, sans le savoir, le catholicisme ». Gambetta, à son tour, devenait une façon de métèque dans la patrie définie par M. Naquet; « pour avoir pris exclusivement à cœur la défense du territoire, dit textuellement notre auteur, il ne prit pas assez souci de la défense républicaine ». Enfin, la patrie, telle que M. Naquet consentait à l'aimer, n'avait rien à faire avec la Russie; elle devait dénoncer une pareille alliance, la condamner, et préparer une union avec les congénères latins, et plus tard avec les peuples libres de la Grande- Bretagne.

1. C'est une définition qu'assurément M. Berthelot, tout le premier aurait hâte de répudier.

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