‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 14 sur 331 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

M. Naquet, au terme de son rêve, dessinait deux perspectives.

D'une part, quand l'humanité ne serait plus empêtrée dans ces lisières nationales qui pour l'instant — M . Naquet le reconnaît lui même — nous rendent une organisation militaire absolument indispensable, les populations feraient bon marché du vieux précepte biblique : « croissez et multipliez»; le couple humain, dès lors, pourrait restreindre la natalité; et chaque membre de la communauté, dans cette société future, aurait une part plus grande à la consommation et une somme plus notable de jouissances... M. Alfred Naquet nous livrait ainsi ses ultimes arrière-pensées, au sujet de cette réforme de la famille française à laquelle naguère il attacha son nom.

D'autre part, sur les décombres des patries nivelées, se fonderait la République des Etats-Unis de la civilisation, dont la France ne serait qu'un canton; deux mille ans après l'infructueux essai du Christ pour réaliser la paix universelle, l'avènement définitif du Messie-humanité marquerait le triomphe de l'ancien rêve judaïque; M. Naquet caressait cette illusion comme on caresse l'idée d'une revanche. Et, dans cette humanité pacifiée dont Malthus pourrait être impunément le docteur, le « nirvana mondial » s'épanouirait.

L'absorption de la France dans le nirvana mondial : voilà la suprême conséquence; et c'est l'honneur d'Edgar Quinet, tout à l'heure cité par M. Paul Deschanel, de l'avoir prévue. Sa femme était l'écho de ses intimes pensées lorsqu'elle écrivait, en 1871, dans le livre intitulé : Paris, jour-

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