LA LEVÉE EN MASSE
parti républicain, avait, en juillet 1870, déclaré une guerre offensive : la démocratie allemande s'était défendue. Les désastres d'août et de septembre avaient permis à l'Allemagne de devenir une conquérante : la démocratie allemande devait s'abstenir. Et la démocratie française, de son côté, passive ou paresseuse pour une guerre offensive, s'armerait jusqu'à épuisement pour la guerre défensive, si l'Allemagne l'y contraignait1. G'est.ainsi que le 4 septembre avait modifiéja^sihicttîon réciproque des belligérants. f* ^s-5^^^2:;StC*7s^ Dès lors, puisque la guerre était^^^fteTféfelt4'^^ sive, la levée en masse s'impo^S^ A l'abri des souvenirs de 1792, on pouvait/-tBut ensemlxfè,* se sentir patriote et révolutiomMre. On y puisait une certitude électrique de la tactoire ; et Trochu- ■• ', qui seul y demeurait rebelle, e^pS^^^lajshi^ivaise humeur des membres parisiens*a^a!RB^fense. Aux yeux de Trochu, c'était la « véritable armée française » qui avait succombé en août, et le régime nouveau n'avait à opposer à l'Allemagne « que des soldats de convention dont le bon vouloir patriotique ne suffisait pas à égaliser les chances absolument disproportionnées de la lutte2 ». Les hommes de la Défense, au contraire, tels que Trochu les dépeint, saluaient en ces sol-
1. «La guerre une foi» déclarée, disait Jules Favre à Bismarck, à Ferrières, la nation a cru que son honneur était engagé à la soutenir, mais elle l'a constamment vue avec déplaisir. Aujourd'hui, il n'y a qu'un moyen de la pacifier et d'unir les deux pays, c'est de renoncer à la. vieille politique de conquête et de gloire militaire pour entrer franchement dans celle de l'union des peuples et de la liberté. » (Jules Favre, Gouvernement de la Défense nationale du 30 juin au 31 octobre 1870, p. 167. Paris, Pion, 1871.)