INTRODUCTION XV
naî du siège : « Malheur à ce cosmopolitisme dissolvant qui anéantit le patriotisme sous prétexte d'un amour plus large pour l'humanité entière ! Non, l'attachement sacré pour la France, sa langue, son territoire, ses destinées, cet amour passe avant tout... Détruire cet amour instinctif de la patrie serait détruire notre individualité, le moi divin. Nous ne serions plus une personnalité humaine, distincte d'une autre ; nous disparaîtrions dans la collection anonyme des êtres, dans la confusion et dans le néant1. » Pouvait-on mieux définir, trente ans à l'avance, l'universel « nirvana » où l'intelligence dissolvante de M. Alfred Naquet voudrait abîmer notre patrie?
Confrontez le discours de M. Paul Deschanel et le livre de M. Alfred Naquet : vous avez sous les yeux deux conceptions de la France.
La première nous grandit, nous féconde, nous invite à vivre.
La seconde nous avilit, nous stérilise, nous propose une course à la mort.
Voilà dix-sept ans que l'auteur de la France juive avait vu s'entr'ouvrir des abîmes ; mais pressentait-il, si épris qu'il fût de prophéties, la tranquille audace deM. AlfredNaquet?M. Naquet creuse l'abîme, il le taille à pic, il nous y pousse : on dirait que, par une sorte de gageure, il veut laisser bien loin derrière lui les prévisions du voyant qu'est M. Drumont.