‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 148 sur 331 · GUSTAVE FLOURENS · texte numérisé non relu

GUSTAVE FLOURENS

par la triste oisiveté des casernes, bons tout au plus à massacrer des ouvriers désarmés dans les rues d'Aubin ou des Arabes armés de fusils à pierre dans IaKabylie, et à fuir ignoblement devant les Prussiens; quant aux colères de cette fine fleur du jésuitisme militaire et du bonapartisme, Flourens avait profondément méprisé menaces et colères. Ainsi avait commencé à se moraliser l'armée : comprenant l'abjection de leurs chefs, l'infamie du despotisme qu'ils étaient chargés de défendre contre la nation, les meilleurs soldats ne voulaient plus du service, désertaient en foule *.

Sedan survint : Flourens constata que cette journée tuait l'Empereur, proclama qu'elle sauverait la France, et prophétisa qu'elle allait foncier la République universelle, les ntats-Unis d'Europe2. Immédiatement il se voulait mettre à l'œuvre, et le plan qu'il proposait à M. Rochefort était, en propres termes, conçu comme il suit :

A l'étranger, l'appel immédiat à la révolution, des barricades à Berlin et à Vienne, l'Espagne arrachée à la trahison de Prim et lancée hardiment dans les voies républicaines, Garibaldi, aidé de 20.000 hommes, de fusils et d'argent, proclamant à Rome la République italienne, des agents envoyés à Londres pour y dire au peuple esclave des travailleurs les principes nouveaux, la solidarité des peuples, l'égalité entre tousles hommes, et jeter bas l'édifice vermoulu de la féodalité normande.

A l'intérieur, la destitution immédiate et la mise en arrestation de tous les états-majors bonapartistes, la rentrée dans le rang de tous les officiers, les Hoche et les Marceau sortant du rang par l'élection... Saint-Cyr n'est qu'une école jésuitique de cadets de l'ancien régime3.

Le Gouvernement de la Défense nationale

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