Flourens, op. cit., p
4. Villetard, l'Insurrection du 18 mars, extraits des dépositions, p. 82 (Paris. Charpentier, 1872). — Les Tirailleurs de Flourens étaient composés de 200 hommes pris parmi les bataillons de la garde nationale, que Trochu lui avait laissés avec le titre de major des remparts, et de 300 chenapans.
SUSPICI0N8 CONTRE i/ÉLÉMENT MILITAIRE 151
l'avenir de cette chaotique émeute et imaginer encore qu'elle se dénouerait en une berquinade, dont tous les peuples, devenus frères, se partageraient les rôles.
Flourens, rêvant on ne sait quelles romanesques levées en masse, était l'héritier légitime du vieux parti républicain. Lorsqu'on regarde de près l'histoire de la Commune, on y retrouve, s'essayant à l'application, les thèses aventureuses qu'énonçait l'opposition sous l'Empire et qu'elle commençait d'atténuer depuis qu'elle était devenue gouvernement : telle la théorie de la levée en masse. Un soubresaut de toutes les bonnes volontés ne suffirait-il pas à sauver Paris? C'est ce que croyait et ce que souhaitait Benoît Malon. Mais Cluseret, plus expert, souriait d'une telle candeur ; il observait que, pour un service quelconque, il fallait commander jusqu'à six, sept, huit et neuf hommes pour arriver à en obtenir un1. Les constatations qu'adressaient chaque jour à l'Hôtel de Ville les agents de police occulte qu'on appelait les « reporters Moreau », justifiaient les remarques de Cluseret2. Même en maintenant les anathèmes d'antan contre le militarisme, une certaine discipline militaire était donc indispensable : de là les essais de cours martiales, inaugurés à plusieurs reprises durant la Commune, et toujours demeurés infructueux. Car la « cour martiale » était suspecte aux libres citoyens ; cette dernière pousse