RENVERSEMENT DE LA COLONNE VENDÔME
la colonne Vendôme i : vous croiriez parcourir une leçon de philosophie humanitaire, tant bien que mal étayée sur le positivisme. Patrie, gloires nationales, qu'importe en vérité? C'est de l'humanité qu'il s'agit, et c'est de son acheminement vers « un régime social où la théologie sera remplacée par la science et l'activité militaire par le travail et la paix ». A bas l'Empire, donc, qui, par le compromis concordataire et par les victoires napoléoniennes, parvint à « restaurer momentanément le régime théologique et militaire » ! Napoléon Ier voulut « provoquer une déviation brutale de l'histoire, et cette déviation menaça de dissoudre le noyau civilisateur spontanément formé en Occident ». Ainsi la colonne Vendôme, « insulte permanente à la République occidentale », glorifiait « l'un des plus cruels ennemis du genre humain », et c'est pourquoi la Commune la renversait. Mais, sans tant épiloguer, elle eût pu trouver à l'avance les considérants de ce décret destructeur sous la plume furtive de certains publicistes du parti démocratique. N'est-ce pas Edouard de Pompery qui, en novembre 1867, écrivait à Jean Macé :
Un homme qui mérite comme vous le nom deChrysostome, c'est Lanfrey. Son Histoire de Napoléon, dont le second volume vient de paraître, ouvrira un jour les yeux aux Français sur les dangers de la fausse gloire. Espérons que bientôt ils ne chanteront plus, les imbéciles :
Ah ! qu'on est fier d'être Français Quand on regarde la colonne !