‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 18 sur 331 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

tuelles, sous ces latitudes dont M. Alfred Naquet nous paraît être, jusqu'ici, le géographe le plus accompli. A chacun sa besogne, à chaque jour sa peine : avant que les esprits soient mûrs pour goûter dans l'Eglise de l'humanité les somnolences du nirvana mondial, il importe, comme l'a très bien vu M. Naquet, de transformer ce qui fut la France en un éparpillement de poussières humaines, et de supprimer ce qui fut la patrie pour ne laisser subsister que des «monades», autonomes en leur pensée et saluant du beau nom de compatriotes, en tout endroit du monde, les monades de rencontre qui leur paraîtront penser comme elles-mêmes. M. Hervé, professeur d'histoire au lycée de Sens, et M. Aristide Briand, son avocat, travaillent h cette transformation et à cette suppression. « Que l'homme aime le milieu où il a aimé, où il a souffert, c'est là, disait aux jurés d'Auxerre M. Aristide Briand, un sentiment banal ; il est même à la disposition des animaux. Mais il y a des traditions que nous avons défendues dans la rue contre l'armée qui nous fusillait, c'est la patrie de ces traditions qui est la nôtre... Et M. Briand distinguait entre la «patrie humaine », c'est-à-dire la patrie de tous ceux qui ont les mêmes traditions (l'on reconnaît ici l'idée de M. Naquet), et la « patrie agressive et barbare », c'est-à-dire la France1. Oui, la France; écoutons ici, dans le Travailleur socialiste de l'Yonne, le client même de M. Briand, M. Victor Hervé. « Le Gouvernement français, écrit-il2, a ressemblé

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