‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 19 sur 331 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

dans tous les temps, pour sa façon de respecter le droit du prochain et de se comporter avec l'étranger, au fameux Cartouche... Quand un pays a sur la conscience les guerres de conquête d'un Louis XIV ou d'un Napoléon..., quand il a volé aux Arabes leur pays..., c'est la figure sinistre de Cartouche qu'évoque toute son histoire. » Ainsi parle le fondateur de l'Université populaire de Sens, et d'autres professeurs, mêlés au mouvement des universités populaires parisiennes, viennent saluer en lui, à la barre, l'héritier intellectuel de Descartes et de la Révolution française.

On eût fort surpris les précédentes générations républicaines si on leur eût révélé que ce rêve de la fraternité des peuples, auquel s'abandonnaient leur bonté d'âme et leur jeunesse d'espérances, ferait s'insurger un jour contre l'idée de patrie une fraction de la jeune Université. Nous avons des agrégés d'histoire et de philosophie qui croient faire œuvre démocratique en flattant dans la future bourgeoisie française je ne sais quelle répugnance sottement aristocratique contre la caserne, cette école d'égalité ; et nous avons, dans les hautes classes de nos lycées, de petits bourgeois gentilshommes, pour qui l'antimilitarisme est un moyen d'acquérir dans l'aristocratie intellectuelle quelques quartiers de noblesse et de bouder avec distinction la démocratie nationale.

Et ni ces maîtres, ni surtout ces enfants n'ont mesuré et jalonné avec autant de sang- froid et de

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