‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 181 sur 331 · UN DISCOURS DE M. MILLAUD · texte numérisé non relu

UN DISCOURS DE M. MILLAUD

de cœurs et de muscles, plus difficile à ébranler que les forteresses de Luxembourg et de Landau ». La guerre s'était déroulée sans lui rien apprendre et sans lui faire oublier son Mémoire : il en récita les plus beaux morceaux devant l'Assemblée nationale et crut obtenir de ses collègues que le soldat eût le droit de vote1. Déférer au vœu de M. Millaud, c'était admettre qu'entre le citoyen et le soldat il n'y a qu'une différence de vêtement, et c'était chasser de l'armée l'esprit militaire, qui repose sur l'obéissance, pour y introduire l'esprit électoral, qui est censé reposer sur l'autonomie. Le vote de l'Assemblée fut éloquent : trente-cinq voix seulement se prononcèrent contre l'esprit militaire ; on remarquait; parmi ces impénitents, M. Naquet, M. Ferrouillat, M. Henri Brisson.

Un homme de gauche, le général Guillemaut, fut très goûté de l'Assemblée, un jour qu'il eut la bravoure de dire : « Ce n'est pas le courage qui amanquéànosjeunesmobiles en 1870, mais bien cet esprit militaire, cet esprit d'ordre, cette confiance qu'on a les uns dans les autres, et qui ne s'acquiert qu'en restant longtemps dans les mêmes rangs, soumis aux mêmes règles et aux mêmes devoirs2. » L'Assemblée ne craignait pas de

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