‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 189 sur 331 · GAMBETTA ET M. DELUNS-MONTAUD · texte numérisé non relu

GAMBETTA ET M. DELUNS-MONTAUD

premier », donnait un double exemple de force, de cette force intime et confiante qu'impliquent toujours un grand acte de foi et un grand acte de contrition ; car elle osait, tout à la fois, parler au monde et se corriger elle-même.

M. Pierre Laffitte vient de nous dessiner le trait essentiel de la physionomie de Gambetta. Que si nous voulions, d'un œil plus minutieux, en épier les détails, un des amis qui l'ont le mieux connu, M.Deluns-Montaud,nouspourraitlonguementaider dans cette recherche : il nous rappelait, il n'y a pas longtemps, « cette foi profonde » qu'avait Gambetta dans la « vertu sanctificatrice de la guerre1 », sa conviction que « la France se devait, après la défaite, de se relever par les armes2 », son admiration pour le Premier Consul et pour les institutions de l'an VIII3, et sa satisfaction, enfin, que le protestantisme, au xvie siècle, ne l'eût pas emporté en France sur le catholicisme4. Retenons cette série de traits : dussent-ils, aux yeux de ceux qui cherchent des armes contre cette grande mémoire, donner au fondateur de la République l'aspect d'un « militariste » — suprême injure — ou d'un « césarien5 » — suprême soupçon — ou d'un « clérical » —

1. Dehins-Montaud, Bévue politique et parlementaire, 1897, XI, p. 259.

2. Deluns-Montaud, op. cit., XI, p. 259. —Comparer le toast porté par Pelletan, en 1876, à Marseille, où il accompagnait Gambetta : Pelletanboit «au centenaire de la jeune République, c'est-à-dire au jour de la fraternité des peuples, éclairés sur le prix détestable des victoires et repoussant l'esprit de conquête ». [Etats-Unis d'Europe, 3 février 1876.) Pelletan représente, aux côtés de Gambetta, le vieil esprit républicain.

3 Deluns-Montaud, op. cit., XI, p. 248.

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