‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 20 sur 331 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

perspicacité que M. Alfred Naquet la pente où ils nous font descendre; mais leur inconscience même est peut-être un péril de plus. L'école allemande est un apprentissage de la caserne ; l'école allemande, le gymnase allemand, l'université allemande, sont des sanctuaires où s'enseigne avec piété l'histoire des gloires nationales. Tout au contraire, nous pourrions parfois supposer, en lisant le Volume ou quelque autre revue pédagogique, que la mission de l'instituteur français est de vacciner à l'avance le futur citoyen contre les séductions du militarisme ; et nous avons le droit d'entrevoir, pour un jour peut-être prochain, je ne sais quelle mobilisation d'un esprit prétendu scientifique contre l'histoire traditionnelle de notre grandeur, contre le souvenir populaire de nos gloires. On disait jadis que l'éducateur allemand avait préparé Sedan, et l'on honorait dans l'éducateur français l'ouvrier discret et laborieux du relèvement; les « pernicieux sophistes » qu'a flétris M. Paul Deschanel seraient les avant-coureurs d'un autre Sedan, et, cette fois, ce n'est plus l'instituteur allemand, c'est l'instituteur français qui l'aurait préparé1.

Telle est la gravité du conflit auquel nous assistons et qui met aux prises — avions-nous tort de le dire — deux conceptions de la République, de la France, de la patrie, et même, — nous Talions à présent montrer, — deux conceptions de la société et deux conceptions de la vie.

1. Retenons, pour ne le point justifier une seconde fois, ce mot de M. Albert Sorel, en 1872 : « L'instruction primaire, qui a fortifié la discipline chez les Prussiens, a travaillé chez nous à la détruire. » {Revue des Deux Mondes, 15 mai 1872, p. 286.

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