‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 195 sur 331 · Reinach, le Ministère Gambetta, p · texte numérisé non relu

Reinach, le Ministère Gambetta, p

diplomatiques » ; ces mois, qui résument un passé, qui rappellent des liens, qui perpétuent une patrie, étaient faits pour déplaire aux amateurs de tables rases qui, sur les décombres des diverses patries, eussent volontiers construit la cité de l'humanité.

Lorsqu'il mourut, au début de 1883, sa dépouille fut plus honorée que sa personne ne fut regrettée. La maçonnerie montra peu d'empressement à l'inscrire dans le panthéon de ses grands hommes ; elle préière des héros d'un autre ordre, moins exclusifs, moins étroits, moins militaristes, des héros qui n'aient point l'inconvénient, naïvement reproché à Gambetta par le « vieux républicain » Wladimir Gagneur, de « causer de véritables inquiétudes à l'étranger1 ». La loge Alsace-Lorraine faisant célébrer une tenue solennelle, le 17 janvier 1884-, en mémoire de l'illustre défunt, un futur ministre de la République, M. Mesureur, empêcha, eu se plaçant « au point de vue politique », que la Grande Loge symbolique écossaise y fût représentée3. Il semble que ces réserves et ce veto eurent quelque écho dans l'Eglise maçon-

1. Dans la République du Jura du 4 mars 1882, pour expliquer son vote contre le ministère Gambetta, Gagneur écrit : « Je connaissais son chauvinisme; il avait voté la guerre en 1870 et avait voulu la continuer à outrance ; depuis, en différentes circonstances, notamment à Cherbourg et lors de l'expédition grecque, il avait laissé percer des velléités guerrières. Enfin, son arrivée au pouvoir avait causé de véritables inquiétudes à l'étranger. »

2. Cette loge garda longtemps le culte de Gambetta : elle entendait encore, le 12 novembre 1891, une conférence élogieuse de M. Dussaud sur Gambetta, que publia l'imprimerie Hugonis.

3. « Au point de vue politique, déclara M. Mesureur à la tenue de la Grande Loge symbolique du 14 janvier, il convient de se préoccuper du but que poursuivent ceux qui se servent aujourd'hui du nom de Gimibtlla » [Bulletin maçonnique, février 1884, p. 323.

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