GARIBALDI JUGÉ PAR BARBES
Qu'il ne touche pas à Nice, et qu'il aime un peu plus la France qui, tout compté, n'a pas fait de mal à son pays, même sous la main de Bonaparte 1 . »
Tel le mettait à jour la sagacité de Barbes, tel était Garibaldi. On le vit, après la guerre, s'excuser presque auprès de ses amis — n'eût-il pas dû plutôt, après le singulier rôle qu'il avait joué, s'en excuser auprès de nous? — d'être venu faire le coup de feu durant l'Année Terrible : ce n'est pas contre le peuple allemand, écrivait-iltrès justement, qu'il avait voulu combattre, mais contre le césarisme; et il ajoutait qu'il se réjouirait toujours des progrès que ferait l'Allemagne en se plaçant à la tête des nations qui s'efforçaient d'assurer l'émancipation de l'humanité2. Les deux maçonneries de France et d'Italie respectent, en Garibaldi, le héros commun de leurs rêves : aujourd'hui, sa légende existe, coulée dans le bronze de plusieurs statues3. Mais en 1882, lorsqu'il mourut, elle était encore plus flottante et plus discutée : M. de Lanessan s'unit à