Maurice Véran, op. cit., p
3. « Nos amis, nos frères des autres loges aiment à venir prendre part au culte que nous rendons ici à la Patrie. « (Discours de Siebecker en mémoire de Véran, cité dans Maurice Véran, op. cit., p. 153.) — « La réunion de la loge a lieu le deuxième jeudi de chaque mois. C'est un jour de grande solennité pour les maçons de Paris. Ils arrivent des points les plus éloignés de la capitale. » (Gerschel, la Loge Alsace-Lorraine, p. 5.)
4. Bulletin maçonnique, 1882, p. 151. — Une autre fois, on jouait dans cette loge une scène patriotique intitulée : l'Option, empruntée aux douloureuses réalités de l'Alsace {Revue alsacienne, janvier 1SS0).
règle avec l'orthodoxie maçonnique, affectait de reléguer l'idée patriotique au second plan : c'est ainsi qu'un de ses orateurs, en 1874, après avoir relevé « la part plus grande faite au patriotisme dans les travaux de ses Frères », maintenait qu' « avant tout ils étaient sérieusement attachés aux règles de l'Ordre, et que, comme tous les autres ateliers, V Alsace-Lorraine se proposait d'être une école mutuelle d'humanitarisme1 ». Bref, cette loge, tant par son personnel que par ses tendances, représentait assez exactement le parti gambettiste, et, tout à la fois, le vieil homme et l'homme nouveau, qui se heurtaient continuellement chez la plupart des memhres de ce parti; elle était assez loyalement maçonnique pour laisser parler le vieil homme, assez ardemment patriotique pour entendre volontiers l'homme nouveau. On assistait, en revanche, dans le reste de la maçonnerie française, à la lente résurrection du vieil homme : Gaubet, qui devint, à Paris, chef de la police municipale, était impatient de ce réveil. N'écrivait-il pas, dès 1874, qu'il regrettait les années où la maçonnerie travaillait à constituer la grande famille humaine2, et n'applaudissait-il pas à la reprise de ces « banquets qui relient par les mêmes aspirations tous les ateliers du globe3 » ? Le vénérable de Saint-Nazaire faisait écho : il
1. Conférence de M. Seinguerlet, publiée dans les Travaux de la loge Alsace-Lorraine, lre série, p. 79.