Monde maçonnique, novembre 1871, p
6. Cf. Rivista délia Massoncria Italiana, 15 mai 1900, p. 135 : le F.-. Albert Richter, en 1870, est fait prisonnier par quelques francs-
LE GRAND-ORIENT ET L ALLEMAGNE 25i
ettantôt l'on assistait aux exigences des réquisitions ou aux âpretés du pillage, soudainement atténuées ou réparées au nom des principes maçonniques et en faveur desFrères en maçonnerie. Par cette suite d'historiettes édifiantes, Hubert, lentement, déplaçait la question. Les Frères de France, fortement choqués, en tant que maçons, de l'esprit d'exclusivisme national des Frères d'Allemagne, laissèrent de côté, sans la trancher d'une façon formelle, la question, posée au convent de 1871, des rapports officiels avec les puissances maçonniques d'outre-Rhin; ils continuèrent, en fait, d'adresser aux « Frères » d'Allemagne les publications maçonniques françaises, qui demeuraient lettre close pour la presque unanimité des Français ; et, sans paraître le moins du monde offusqués que la maçonnerie allemande décidât solennellement, au convent de Darmstadt1, de ne leur point rendre la politesse et de garder pour elle ses propres publications, ils se demandèrent entre eux si l'on pouvait, dans les
tireurs; il fait le signe de détresse, il est sauvé par le grand secrétaire du Suprême Conseil et écrit au Conseil une lettre de remerciements. Sur l'influence que pouvait avoir entre belligérants, en I87U, l'échange de signes maçonniques, voir aussi une mystérieuse anecdote racontée par Théodore Fontane, Souvenirs d'un "prisonnier de guerre allemand en 1870, p. 13 (Paris, Perrin, 1892). —Cf. ci-dessus, p. 44-47.
1. Bulletin du Grand-Orient de Belgique (1875, p. 157) : « Le Grand- Orient de France continuant à adresser ses bulletins aux grandes loges dAllemagne, celles-ci avaient demandé des instructions au convent de Darmstadt, du 16 mai 1875, sur l'accueil à réserver à ces communications. Une longue discussion s'engagea sur les rapports à entretenir avec la maçonnerie française et donna lieu à la décision suivante : Les grandes loges peuvent continuer à recevoir les bulletins du Grand- Orient de France, mais il n'y a pas lieu pour elles d'échanger avec lui les tracés de leurs travaux. Il n'y a pas de différence à établir, quant à l'affiliation et à la Visitation, entre des Frères français ou étrangers, pourvu qu'ils aient vu la lumière dans des ateliers réguliers ou reconnus comme tels. »
loges françaises, accueillir des membres de nationalité allemande.
Les loges, ça et là, se chargèrent de répondre par des faits accomplis.
Dès 1873, les Amis de la Paix, de Paris, protestèrent contre l'exclusion des Allemands * ; V Aménité, du Havre, en 1876, sur la proposition de Santallier lui-même, fut unanime pour revenir sur une « mesure violente de radiation, décidée dans un moment d'effervescence patriotique », et adressa aux deux loges allemandes et aux quatorze Frères allemands, qu'elle gratifiait jadis de son amitié, des planches de réconciliation2; aux Hospitaliers de la Palestine, en 1878, un conférencier déclara, avec une désinvolture dont Hubert lui-même fut choqué, qu'il fallait accepter les Allemands dans les loges et « se venger par la plus belle et la plus brillante de toutes les armes, l'intelligence unie à l'instruction3» ;QtleLibre Examen, de Paris, en 1881, proclama que la nationalité ne pouvait pas être un obstacle à la fraternité maçonnique4. On voyait, ilestvrai, la Fraternité des Peuples refuser, en 1883, d'initier un Alsacien, parce que son dévouement à la France était suspect5, et Y Etoile polaire blâmer l'immixtion d'un Allemand dans les cérémonies en l'honneur de Diderot6; mais ces susceptibilités étaient rares. Consulté, vers la même époque, par une loge du Midi, au sujet de la ré-