‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 233 sur 331 · DEUX CATÉGORIES D' ADVERSAIRES · texte numérisé non relu

DEUX CATÉGORIES D' ADVERSAIRES

niale, qui nous exposait à les éparpiller, était « la plus fâcheuse des politiques1 »; on mesurait la répercussion qui en pourrait résulter sur nos rapports avec l'Angleterre 2, ou bien l'on s'inquiétait des approbations mal dissimulées que donnait à nos tentatives coloniales le chancelier de Bismarck3: les écrits où le comte de Ghaudordy condensait son expérience de diplomate et ses anxiétés de Français demeurent le manifeste de cette école, qui jugeait que « tout l'avenir de la France est sur le continent4.» — On objectait, d'autre part, que la France est la seconde puissance maritime du monde5 ; que ce privilège autorise certaines ambitions plus lointaines ; et que, grâce à la politique coloniale, nos énergies courbaturées auraient désormais une tâche. Ainsi discutait-on, souvent avec âpreté, sur les leçons que semblaient apporter les circonstances : au dire des uns (et parmi eux la droite presque entière se rangeait), elles nous invitaient au recueillement; au dire de Ferry, elles nous invitaient à l'expansion. Mais, de part et d'autre aussi, l'on se refusait à rêver d'une France qui, béatement ambitieuse d'incarner la conscience du monde et de communier spirituellement avec toutes les nations, sacrifierait à cette humanitaire

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