‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 25 sur 331 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

disaient certains de ses amis — notre primogéniture à l'égard de l'Eglise, source de ces innombrables prérogatives morales qui prolongent audelà de la portée de nos armes le pacifique rayonnement de nos drapeaux. Ainsi cette grande Internationale qu'est l'Eglise reconnaît aux diverses nations, loin de leurs frontières, une sorte d'épa-» nouissement de leur personnalité morale; elle amplifie, parfois, les rayons d'extension nationale, bien loin de chercher à les dissoudre en une buée captieuse et confuse.

Au surplus, l'Eglise, aux siècles où elle légiférait le plus souverainement sur la conduite des hommes, réclamait d'eux, par la bouche du plus illustre représentant de l'Ecole, une piété spéciale pour les « parents » et pour la « patrie », par le fait desquels et dans le sein de laquelle nous avons vu le jour et trouvé la nourriture; elle recommandait un attachement à la patrie qui comprît, comme suite naturelle, l'attacbementà tous les concitoyens et à tous les amis de la patrie; et, mettant au service de l'idée même de patrie l'incisive raideur de ses syllogismes, elle énonçait les trois termes que voici : « La piété requiert que nous ayons une affection pour notre principe. Or, le principe de la génération, pour chacun de nous, c'est son père et sa patrie. Donc, il faut qu'à l'endroit de ces deux êtres l'homme soit animé d'un bon vouloir1. »

L'Eglise se souvenait que le Christ, législateur

1. On trouvera toutes ces citations, et beaucoup d'autres non moins curieuses, dans le livre du D'Wendelin Haidegger, Der nationale Gedanke itn Lichte des Christenthums (Brixen, 1900).

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