‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 261 sur 331 · LA LIGUE DES PATRIOTES · texte numérisé non relu

LA LIGUE DES PATRIOTES

et aider les jeunes patriotes qui veulent se rendre utiles à la France1. » Ainsi parlait Henri Martin, le 18 mai 1882, en prenant la présidence de la Ligue des Patriotes récemment fondée. Cette ligue était d'origine républicaine : on y voyait, à côté de l'historien de la France, Félix Faure, Anatole de La Forge, M. Turquet, M. Paul Déroulède, M. Mézières 2. Elle se réclamait des leçons de Gambetta : « Il a compris la France, disait M. Déroulède, et voilà pourquoi la France l'a écouté3. » Mais quelque républicain que fût ce patronage posthume, la Ligue, dès le 4 août 1882, adressait à tous les membres du Parlement, sans distinction de partis, un chaleureux appel 4 : pour la première fois, et peut-être pour la dernière, un groupe notable de républicains voulait unir tous les Français sous l'égide d'un même idéal. On lisait comme épigraphe, en tête des statuts de la jeune Ligue : « Républicain, bonapartiste, légi timiste, orléaniste, ce ne sont là chez nous que des prénoms ; c'est patriote qui est le nom de famille 5. » 11 était difficile d'être plus net, plu* gracieusement éclectique, et, pour mériter ce « nom de famille », il suffisait de professer, suivant les termes de M. Déroulède à Rouen, qu' « il y a assurément du vrai dans cette généreuse théorie Tous les peuples sont frères; mais qu'il y a encore plus de vrai dans cette théorie non moins gêné-

1. Le Livre de la Ligue des Patriotes, p. 77 (Paris, aux bureaux de 1* Lir/ue, 1887).

2. Galli, Paul Déroulède raconté par lui-mêiwt, pe, 61 et suIt,

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