‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 302 sur 331 · Blanqui, op. cit., p · texte numérisé non relu

Blanqui, op. cit., p

3. Maurice Charnay, Catéchisme du soldat (Librairie socialiste, 1803).

354 l'évolution républicaine (1895-1901)

langue plus sage ou peut-être seulement plus terne, M. Albert Richard pense à peu près de même, dans son Manuel socialiste^ qu'estampillait en 1900 le parti ouvrier révolutionnaire du Centre : si nous le comprenons bien, la patrie et le fusil ne sont que deux cadeaux fort onéreux, faits aux prolétaires à une époque assez récente, et que ceux-ci furent bien sots d'accepter. Car l'esclave, ce prolétaire des temps païens, n'avait pas de patrie, et le serf, ce prolétaire du moyen âge, n'en avait pas davantage ; et la patrie, jusqu'à la Révolution, ne fut qu'un syndicat d'exploitants qui payaitses mercenaires; et ce syndicat qui, sous des formes diverses, dure toujours, a fait croire, au xix8 siècle, que tous les citoyens d'une même nation ont les mêmes intérêts généraux; et, dès lors, cessant de payer ses mercenaires, il a lancé gratuitement les prolétaires contre des prolétaires d'autres pays, qu'ils avaient toutes raisons d'aimer et d'assister dans la commune lutte de classes. C'est ainsi que M. Richard biffe de notre histoire tout ce qu'ont fait les humbles, de Clovis à Gambetta, pour la défense et pour la grandeur de la France; et le pauvre qui voudrait être bon soldat est désormais convaincu de n'être qu'une dupe. Un agrégé d'histoire s'est rencontré pour prêcher cette doctrine dans le Pioupiou de l'Yonne* ; nous n'insisterons point et laisserons l'histoire elle-même déposer contre lui.

i. Albert Richard, Manuel socialiste, pp. 46-50 (Paris, Bellais, 1900).

2. Les articles du Pioupiou de l'Yonne et tous les documents se rattachant à cet incident ont été reproduits dans les Cahiers de la Quinzaine, deuxième série, sous le titre : Mémoires et dossiers pour les libertés du personnel enseignant en France,

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