‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 303 sur 331 · MM. GUESDE, DEVILLE, JAURÈS · texte numérisé non relu

MM. GUESDE, DEVILLE, JAURÈS

D'autres voix nous sollicitent, celles deM. Gabriel Deville, deM. Jean Jaurès, de M.Jules Guesde luimême : elles font grâce à la patrie. Elles en parlent très noblement parfois; elles veulent même être éloquentes, et n'y échouent point. Et ces autres discours se résument en ceci : La patrie, c'est nous, socialistes ; ou, si ce n'est nous aujourd'hui, ce sera nous demain; la France sera le premier laboratoire efficace de nos doctrines ; et veiller sur ce laboratoire, c'est veiller sur ces doctrines. « Nous voulons une France grande et forte, protestaient, en juillet 1893, dans le manifeste du Conseil national du parti ouvrier, MM. Dereure, Ferroul et Lafargue ; nous la voulons capable de défendre sa République contre les monarchies coalisées, et capable de protéger son prochain Quatre-vingtneuf ouvrier contre une coalition au moins éventuelle de l'Europe capitaliste1. » Le Comité roubaisien qui soutenait, en 1897, la candidature de M. Guesde expliquait, en une brochure, que les soldats avaient été la préoccupation constante du député sortant, parce que, convaincu du grand rôle réservé à notre pays dans la prochaine révolution, il voulait une France toute-puissante, invincible2. ç< En cas d'attaque, écrivait subtilement M. Deville en 1896, c'est pour eux que les travailleurs, internationalistes en tant que travailleurs, ont à se battre en tant que Français. La grève militaire serait un nationalisme à rebours 3 ». Et

1. Ce manifeste fut reproduit, en 1895, dans l'édition populaire du grand discours de M. Jaurès sur le budget de la Guerre.

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