‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 304 sur 331 · Voir G. Sorel, EnquHe de l'Humanité nouvelle, p · texte numérisé non relu

Voir G. Sorel, EnquHe de l'Humanité nouvelle, p

3. Gabriel Deville, Principes socialistes (Paris, Giard, 1896), p. 86.

336 l'évolution républicaine (l89b-190l)

M. Jean Jaurès, enfin, écrivait en 1897 : « Le peuple qui, le premier, entrera dans le socialisme, verra d'emblée se ruer contre lui tous les pouvoirs réactionnaires affolés; il serait perdu s'il n'était pas prêt lui-même à saisir le fer, à répondre aux obus par les obus, pour donner le temps à la classe ouvrière des autres pays de s'organiser et de se soulever à son tour1. » Bref, tout de même que, sous la Convention, les plus incorrigibles humanitaires jugeaient nécessaire qu'il y eût une France, et une France armée, pour préserver contre l'assaut des rois l'intégrité des droits de l'homme, de même il est nécessaire, provisoirement au moins, qu'il y ait une France, « système clos, tourbillon fermé, dans la vaste humanité incohérente et diffuse2 », pour faire respecter aujourd'hui le travail préparatoire et demain le règne définitif de ce prétendant nouveau contre lequel les tyrans du monde entier mettront leurs armes en branle et les bourgeoisies leur or, et qui s'appelle le socialisme révolutionnaire.

Encore que M. G. Sorel et quelques-uns de ses coreligionnaires s'inquiètent de voir les « socialistes parlementaires » devenir des « patriotes3 », nous voilà loin, et bien loin, du patriotisme de Gambetta. La grandeur de la patrie française était

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