CONGRÈS SOCIALISTE DE PARIS
progrès de l'expansion coloniale, qui « commence à dominer toute la politique intérieure et extérieure du monde capitaliste », furent signalés comme un fait décisif, qui obligeait le parti socialiste à « prendre officiellement acte de la politique mondiale 1 ». Une Allemande, la citoyenne Rosa Luxemburg, fut chargée de faire le rapport et de rédiger les décisions. Sans considérants philosophiques ni phrases inutiles, elle fit mettre aux voix la résolution suivante :
Le Congrès déclare qu'il y a lieu de redoubler, dans tous les pays, de zèle, d'énergie, de vigueur, dans la lutte quotidienne contre le militarisme, qu'il y a lieu surtout d'opposer, à l'alliance de la bourgeoisie et des gouvernements impériaux, l'alliance des prolétaires de tous les pays. Le Congrès indique comme moyens d'action :
1° Les différents partis socialistes sont engagés à poursuivre avec soin l'éducation et l'organisation de la jeunesse, en vue de combattre le militarisme ;
2° Les députés socialistes, dans tous les pays, s'engagent à voter contre toute dépense' militaire et toute dépense pour la flotte et les expéditions militaires coloniales ;
3° La commission socialiste internationale permanente sera chargée d'entamer et de régler, dans tous les cas d'importance internationale, un mouvement de protestations et d'agitation antimilitariste uniforme et commun dans tous les pays 2.
'Une acclamation générale ratifia les propositions de la citoyenne Rosa Luxemburg.
En les votant, les congressistes qui faisaient partie du Parlement français s'engageaient implicitement, en leur nom et au nom des membres de