Compte rendu, p
364 l'évolution républicaine (1895-1901)
leur groupe, à ne tenir compte que de la volonté du socialisme international dans les questions touchant le plus immédiatement aux destinées de la patrie. M. Marcel Sembat, d'ailleurs, en une séance précédente, avait à cet égard été très formel : après avoir fait remarquer qu'il avait avec tous ses collègues voté contre l'expédition de Chine et contre les crédits demandés pour la flotte, il ajoutait : « Nous demandons à ce Comité international que vous avez décidé de créer et d'organiser, à cette Commission interparlementaire que vous lui avez adjointe, de faire une obligation à tous les députés socialistes de tous les pays de reprendre pour leur compte le mot d'ordre de nos camarades allemands : Pas un sou, pas un homme pour les folies guerrières1! » C'est ainsi que le député de la Seine achevait de sceller les fondements d'une entente interparlementaire contre le militarisme ; et les « camarades allemands » étaient là, tout prêts, pour en fournir la devise.
Vers la même époque, un collègue de M. Sembat à la Chambre des députés, M. Edouard Lockroy, causait avec un industriel allemand, et cet industriel lui disait : « Nos ouvriers socialistes se déclarent internationalistes, mais ils se considèrent comme des maîtres et ils regardent les socialistes des autres nations comme des disciples ou mieux comme des enfants à l'école. Au fond, ils restent patriotes et Allemands. Si encore une fois l'Allemagne, soit pour l'attaque, soit pour la défense, les appelait sous les drapeaux, ils seraient les pre-