‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 31 sur 331 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

multipliant les contacts, aient accélérer l'épanouissement de ce rêve. Et pourtant c'est à peine si M. Anatole Leroy-Beaulieu, dans un article sur les Etats-Unis d'Europe1, ose aujourd'hui risquer — en la reléguant, d'ailleurs, dans l'indécision du lointain — l'idée d'un Zollverein européen. Car à quelques tendances cosmopolites que soient en général sollicités les économistes et les producteurs , nous traversons plutôt une époque où des tarifs provocateurs, affectant le rôle que jouaient autrefois les ultimata diplomatiques, paraissent annoncer et provoquer la mise en branle des canons. Cette puissance internationale qu'est la grande industrie est la première à réclamer pour elle-même, sur les divers points du globe, la protection des nations. Et ses réclamations sont sonores, car elles courent, de bouche en bouche, à travers les foules ouvrières, dont le verbe porte au loin.

Le monde ouvrier, lui aussi, a dans toutes nations des exigences communes qui comportent une entente internationale.

Elles sont un fait : les mineurs de tous pays nous le témoignent chaque année, en se rassemblant en un commun Congrès. Elles sont un droit : Léon XIII et Guillaume II, il y a treize ans, ont reconnu ce droit ; le caractère universel des revendications ouvrières et le caractère international des solutions qu'elles comportent ont reçu la consécration du pape et de l'empereur.

Mais des voix s'élèvent en tous pays, implorant,-

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