‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 32 sur 331 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

une défense pour le travail national; l'ouvrier sent que le blé qui pousse près de lui est pour lui; si, dansla région qu'il occupe, sa place au maigre banquet delà vie est déjà précaire etrestreinte, Une veut pas que de lointains intrus lui viennent disputer cette pauvre quote-part; cosmopolite dans les congrès, le voici redevenu patriote à sa façon, sur les marchés limités où la force de travail s'achète ou se refuse. Renan écrivait en 1871 : « Il parait difficile que la fureur d'une poignée d'hommes, reste des vieilles aristocraties, mène longtemps à regorgement des masses de populations douces, arrivées à une conscience démocratique assez avancée, et plus ou moins imbues d'idées économiques (pour eux saintes) dont le propre est justement de ne pas tenir compte des rivalités nationales1. » Le Pioupiou, le Conscrit, les organes récents de l'antimilitarisme révolutionnaire, s'acharnent de leur mieux, à l'heure présente, à dissuader nos « masses de populations douces » de se laisser mener à regorgement. Mais qu'une rixe survienne entre ouvriers français et italiens, ou bien entre français et belges : tout de suite vous voyez se dérouler, l'aspect le plus rudimentaire, le plus élémentaire, le plus primitif de ce phénomène qui s'appelle la guerre; car, entre peuples enfants, qu'est-ce que la guerre, si ce n'est une bagarre pour un peu de nourriture? Et, dans le vestibule, largement ouvert, internationalement habitable, du paradis socialiste, voici se dresser, derechef, le spectre de la guerre ; on croyait l'avoir

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