‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 313 sur 331 · Gambetta, Discours, III, p · texte numérisé non relu

Gambetta, Discours, III, p

1' « unité » de la France, son « magnifique assemblage de provinces » ; il demandait si elle devait pâtir, à ce point de vue, des conséquences d'une éventuelle usurpation et subir alors « ce dernier désastre de tomber en démembrement et en dissolution volontaire ». Et il ajoutait: « Il n'y a pas que cette France révolutionnaire, émancipatrice et initiatrice du genre humain, nourrice des idées générales du monde ; il y en a une autre. » Alors survenait, sur ses lèvres ardentes, l'évocation de cette autre France, « misérable, vaincue, humiliée, accablée », et que le « vouloir- vivre » faisait vivre. « Ah! cette France-là, continuait-il, je l'aime comme on aime une mère ; c'est de celle-là qu'il faut dire : Là où est la France, là est la patrie! » Et c'est avec un « véritable tremblement » qu'il tenait à rappeler que « tout ce qui est la France, tout ce qui est de la France, a par excellence un caractère auguste et sacré qui commande \a. réserve et le respect... Messieurs, poursuivait-il, laissez-moi croire que, si, par un retour de la fortune, nous étions assez malheureux ou assez peu vigilants pour nous laisser arracher la Répuplique1... » Et il suspendait sa phrase ; l'auditoire avait compris, et se disposait à acclamer quelque chose de plus que la France républicaine, la France tout court.

Vingt-sept ans s'écoulent, et nous voyons M. Jean Reibrach expliquer froidement, dans l'Humanité nouvelle, que, « par la revendication stérile de l' Alsace-Lorraine, la France perdra plus

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