Id., op. cit., p. vi
contre le peuple et contre la démocratie, qu'un long geste de répulsion et de dégoût qu'adresse à ses camarades de caserne, en guise d'adieu, un ci Mante lassé de leur frottement. Ce qui l'irrite et l'exaspère durant son année de caserne, c'est qu'il a pour camarades des faubouriens et des paysans, rustres tout pour de bon, grossiers sans morbidesse, brutaux sans raffinement, faisant l'amour sans érotisme. Un rêveur voluptueux et distingué se répute déclassé lorsque la caserne l'oblige à de pareils contacts. « Jbtre libre, pouvoir travailler, sortir, jouir du soleil, des fleurs, des paysages, et, la nuit, des femmes décolletées, des soies, des satins, des couleurs, des parfums1 ! » Tel est, au sortir de la caserne, le cri de soulagement de 1' « intellectuel » émancipé ; et, comme l'égoïsme débridé confine à l'anarchisme : « Je suis libre, continue-t-il, nul ne peut plus me commander. Je suis civil, civil! je suis plus que toi, capitaine, et je...2» Un gros mot survient ici, qu'il ne prodigue pas,j'espère, à sa «chère maîtresse adorée » et retrouvée; mais, si c'est être civil — oui, civil! comme il le répète en un accès de haine essoufflée contre l'établissement militaire— si c'est être civil que de jouir de la vie sans contrôle et sans frein, qu'il nous soit permis de préférer la caserne actuelle, telle qu'elle le choque, à la cité future, telle que, sans doute, il la veut.
Libre à lui, pourtant, de reprendre les rêves d'aristocratie intellectuelle où se fatiguait la vieil-