DU TRAITÉ DE FRANCFORT A LA MORT DE GAMBETTA
I. — Retour de l'opinion française au sujet de l'humanitarisme d'outre- Rhin. — La douleur de George Sand. — Aboutissant imprévu de la philosophie allemande : le réalisme bismarckien. — Déification de la force par l'hégélianisme. — Colère d'Edgar Quinet contre les penseurs allemands. — Les surprises : Ernest Renan. — Les résipiscences : M. Sully-Prudhomme. — Les décisions viriles : Pasteur, Taine. — Renoncement au « quiétisme scientifique » ; ressaisissement de la pensée française 176
II. — Reconstitution de l'armée ; œuvre patriotique de l'Assemblée Nationale. — Echos attardés des suspicions antimilitaristes : M. Millaud, M. Farcy, Denfert-Rochereau. — « On ne fait pas de démocratie quandils'agit de l'organisation de l'armée» (Chanzy). — Rôle deThiers: leçons de recueillement qu'il donne à la France. — Protestations du vieux cosmopolitisme : invectives séniles de Garibaldi contre Thiers 188
III. — Le « repentir » de Gambetta. — Son éducation ; la jeunesse républicaine à la fin de l'Empire. — Leçons qu'il rapporte de Tours. — Son amour pour la personnalité de la France : témoignage de M. Pierre Laffitte. — « Le point de vue militaire est le premier » (Discours de Cherbourg). — Originalité de Gambetta dans le parti républicain : souvenirs de M. Deluns-Montaud. — Gambetta « tribun des soldats » ; sa conduite à l'égard du général de Miribel ; portée de l'élection Labordère. — Attaques des Etats-Unis d'Europe et du parti radical contre la politique de Gambetta, accusée d'être la « politique de la monarchie ». — Attitude d'une partie de la maçonnerie à la mort de Gambetta. — Un interdit de M. Mesureur. — Les « ralliés au parti gambettiste » et la loge Alsace-Lorraine : conférence de M. Joseph Reinach 197
IV. — La démocratie exotique et le relèvement militaire de la France. — Mécontentement des Congrès de Lausanne (1871) et de Lugano (1872). — La Bibliothèque démocratique de M. Poupin; les Etats-Unis d'Europe, de Lemonnier. — Chair à canon, de Mm« Gagneur (1873) : le
Ministère de la Guerre déshérité au profit de l'Instruction. — La revue genevoise les Etats-Unis d'Europe et le militarisme français. — Con. grès successifs de la Ligue de la Paix et de la Liberté : prépondérance de l'idée de république sur celle de paix. — La question d'Alsace-Lorraine : rêve maçonnique d'une fédération entre la République Française et la République du Rhin "14
V. — Les prédicateurs d'internationalisme. — Garibaldi : ses colères injurieuses contre la France. — Victor Hugo : son vieil antimilitarisme (Châtiments, William Shakespeare) ; sa vision des Etats-Unisd'Europe ; le chêne d'Hauteville-House. — Ses dernières années : « Au xxe siècle, la guerre sera morte, les frontières seront mortes l'homme vivra. » — Démarche de Lemonnier au moment des funérailles d'Hugo. — Les auxiliaires, parlementaires ou publicistes. 225
VI. — La maçonnerie : son attitude patriotique au lendemain de la guerre. — Le culte de la Patrie à la loge Alsace-Lorraine. — Lente résurrection des idées cosmopolites dans les autres loges. — Besoin maçonnique d'être « un citoyen du monde ». — Déclarations officielles du grand orateur du Suprême Conseil (1882) 236
VIL — Rapports entre la maçonnerie française et les maçonneries étrangères. — La question des loges d'Alsace-Lorraine : culte de la maçonnerie allemande pour le jeune Empire. — Rôle joué par la Chaîne d'union ; personnalité d'Hubert, « maçon de tous les pays » : solennités reconnaissantes dont il est l'objet. — Attitude réciproque du Grand-Orient et de la maçonnerie allemande. — Pientrée des Allemands dans les loges françaises. — Lettre du Grand-Orient aux maçonneries étrangères (octobre 1883) pour leur demander de désigner des garants d'amitié. — Circulaire du Conseil de l'Ordre, en 1885, laissant aux loges françaises toute liberté de recevoir des étrangers VA
VIII. — Influences doctrinales de la maçonnerie et de l'étranger sur l'esprit du parti républicain. — Tenace autonomie de Gambetta et de Ferry; active survivance de ces influences hostiles 255
I. — L'œuvre coloniale de Jules Ferry : héritage de la tradition nationale. — Distinction entre deux catégories d'adversaires. — Théorie de la concentration des forces françaises sur le continent (comte de Chaudordy, M. Paul Déroulède). — Hostilité doctrinale du vieil esprit humanitaire contre une politique qui permettait à la France de faire acte de nation 258
IL — Un « anticolonial » de 1867 : Guépin voulait que la France fît de ses colonies des colonies européennes. — Les guerres coloniales sont offensives, donc antirépublicaines (amiral Reveillère, Jules Gaillard). — «Périssent les colonies plutôt qu'un principe! » (Robinet.) — Ferry, continuateur de la barbarie (A.-S. Morin) 262
III. — Les Etats-Unis d'Europe et la politique coloniale. — Là question taïtienne : on demande un plébiscite. — La question malgache : on demande un arbitrage. — La question tunisienne : appels de la maçonnerie italienne à Hugo; ordre du jour incisif voté par le Congrès de Genève contre la France, qui « a manqué à la tradition républicaine »• — La question soudanienne : « Le Soudan aux Soudaniens ! » (A.-S. Morin.) — La question tonkinoise : « Le Tonkin aux Tonkinois ! » (Georges Périn.) — Les principes de 1789 et la politique coloniale ; réponse de Ferry : « C'est de la métaphysique politique » 267
IV. — La France dans les missions : ferme vouloir du comte de Chaudordy, de Gambetta et de Ferry, de continuer la tradition nationale. — Hostilité de l'esprit cosmopolite et de la maçonnerie contre notre protectorat : pamphlet maçonnique d'un magistrat angevin contre l'œuvre de nos missionnaires. — Délations adressées à Macé contre le » cléricalisme » de nos diplomates dans le Levant. — Vœu de A.-S. Morin, que les missionnaires perdent tout droit à la protection nationale... 274
V. — Assimilation entre la France et la Suisse ; protestation de Jules Ferry. — La phraséologie humanitaire : « pays libre », « rayonnement pacifique des institutions ». — Définition d'un « grand pays » par Jules Ferry. — Originalité de cette attitude : rapprochement avec le vieil esprit républicain, jadis incarné par Jules Favre. — Tactique de Jules Ferry pour se la faire pardonner 278
VI. — Réapparition timide de certains articles de l'antique programme républicain. — La tendance antimilitariste : résipiscence de Jules Ferry ; courageux aveu de ses erreurs. — La tendance à une politique extérieure « républicaine », à un renoncement diplomatique : un livre de M. Fernand Maurice. — Sévérités de Ferry pour les rêves de « suppression de la diplomatie ». — Résultat moral de la politique de Ferry silence provisoire du vieil esprit humanitaire 284