INTRODUCTION XXXVII
à la nécessité de regarder sans cesse autour de lui.
« Le magicien qui voudra fonder ce pays d'Utopie, fera bien de choisir quelque point d'un océan ignoré, s'il en existe encore, assez fertile sans doute pour nourrir ses habitants, mais assez pauvre pour ne tenter l'ambition de personne. »
A cette chimère, M. Waldeck-Rousseau opposait la réalité du « vaste empire» français, « épars en apparence, solidaire dans toutes ses parties en réalité, qui forme comme un réseau à mailles ou plus étroites ou plus larges, mais singulièrement impressionnable, sur lequel les moindres vibrations se transmettent avec une foudroyante soudaineté ».
Et il concluait que la troisième République n'avait « pas seulement une tâche politique à accomplir, mais une tâche nationale, la tâche de notre relèvement ».
Alors, parmi ceux qui depuis deux ans et demi avaient suivi pour une tâche politique le chef de la défense républicaine, plusieurs éprouvaient une sorte de surprise et d'émoi en rencontrant sur ses lèvres — sans les reconnaître, tant ils les avaient oubliées — les façons de penser et de parler qui jadis avaient conquis à Gambetta, chef de la Défense nationale, la confiance de la France vaincue. Les républicains de jadis avaient suivi Gambetta dans sa tâche nationale ; MM. Hubbard, Doumergue, Klotz et Sembat signifièrent à M. Waldeck- Rousseau qu'en dehors de sa tâche politique ils répugneraient à le suivre.
Et l'on put se demander un instant si M. Waldeck-