‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 4 sur 331 · INTRODUCTION III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION III

des groupements appelés nations serait une sorte d'atteinte à l'intégrité du vaste lien social qui doit unir tous les hommes entre eux et qui est la conséquence de la fraternité humaine ; c'est pourquoi l'on parlait d'abaisser les frontières, comme si, précisément, l'existence même des nations ne garantissait pas, en chacun des êtres humains, la conscience permanente du lien social et des devoirs que nous impose ce lien, et comme si, pratiquement, les seuls effets à peu près que cette conscience peut avoir sur notre conduite, n'étaient pas dus à l'insertion de notre vie dans ce cadre précis qu'on appelle nation ! Et l'autre germe funeste, c'était cette seconde idée que, dans l'état présent du monde, la suppression immédiate de l'institution militaire serait, pour le peuple qui en prendrait l'initiative, un progrès.

Remonter dans le passé jusqu'à ce que nous voyions sourdre ces deux doctrines; suivre leurs cheminements à travers les intelligences ; saisir les manèges qui leur peuvent donner prise sur un certain nombre d'âmes élevées et généreuses; descendre avec leur avant-garde jusqu'aux conséquences les plus extrêmes, et surprendre alors les vraies ou les fausses pudeurs qui les accueillent à cet ultime point d'arrivée ; noter enfin, lorsqu'il est possible, l'assidu travail de nos rivaux pour leur creuser un sillon toujours plus large et toujours plus audacieux : tel est le but de ce livre.

Les citations, les références, les notes biblio-

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