IV INTRODUCTION
graphiques, y seront volontairement multipliées : ainsi l'exige cette austère méthode historique à laquelle l'étude même des faits presque contemporains ne saurait être soustraite. Les lecteurs de la Revue des Deux Mondes, cette fois comme les autres, nous ont fait crédit de nos preuves ; il ne nous convient pas que ce crédit dure toujours; et si lourd qu'en soit l'appareil, la plupart des pages de ce volume trameront avec elles la « documentation » qui les justifie1. Ceci, en effet, est un livre d'histoire.
On est prié de ne soupçonner, à l'arrière-plan des horizons successifs pour lesquels nous réclamerons un regard du lecteur, ni intentions polémiques ni visées politiques. Nous essayons d'étudier des courants d'idées; nous nous efforçons de les suivre et n'aimons point à les perdre de vue. Si nous nous sommes préoccupé de faire saisir je ne sais quelle sourde continuité du vieil esprit républicain, survivant aux patriotiques efforts des Gambetta et des Jules Ferry, ce n'est point à coup sûr pour le malin plaisir de faire la chasse aux revenants ou pour la vanité bien secondaire de publier de l'inédit; c'est parce que nous croyons qu'on a ledroitet le devoir, lorsqu'on envisage l'histoire de certaines doctrines, de ne point arrêter uniquement son regard sur les moments et sur les endroits où elles émergent à
1. Nous nous reprocherions de ne point donner ici un souvenir de reconnaissance et de regret à l'érudit et obligeant collectionneur qu'était M. Arthur Stoven, d'Armentières, prématurément surpris par la mort. C'est dans sa bibliothèque que nous avons pu trouver et consulter beaucoup de documents d'ordre ésotérique relatifs à l'histoire des dernières années.