‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 8 sur 331 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

interpellait, en le toisant de toute la hauteur qu'il y pouvait mettre, l'homme de la colonne :

Quand tu seras non moins démodé que Bellone, Mis dans l'oubli, jamais absous!

Alors, ô conquérant, nous fondrons ta colonne Et nous en ferons des gros sous.

Peu de mois après, la religion du désarmement était réfutée par la dépêche d'Ems; on voyait des Français, en lutte avec d'autres Français, profaner la place Vendôme par une cérémonie douloureuse, « à laquelle l'ode de Noël Parfait eût pu servir de cantate1 », et Montégut, baptisant d'un mot lugubre un sentiment dont on eût voulu espérer qu'il n'aurait de nom dans aucune langue, écrivait : « Une sorte d'émulation patricide règne dans le camp de la démocratie-2. » Mais la démocratie française, se ramassant sur elle-même en un superbe soubresaut d'énergie, allait bientôt démentir le mot de Montégut.

Il s'était trop hâté de désespérer : sur les ruines mêmes d'où montait, pour le prendre à la gorge, l'acre fumée du pessimisme, la République de Gambetta surgissait; et c'en était fait, tout ensemble, de l'émulation « patricide » et de la religion du désarmement. La République rétablit, entre la France et son armée, les liens d'une confiance réciproque; elle cessa de confondre l'esprit mili-

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