‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 9 sur 331 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

taire avec ce qu'elle condamnait sous le nom d'esprit prétorien; et dépouillant certaines suspicions archaïques, elle fortifia ce « militarisme » qui, jadis, semblait porter ombrage aux idées de liberté. Ni Gambetta, ni Jules Ferry, ni M. de Freycinet ne permirent aux utopies dissolvantes du cosmopolitisme de s'étaler derechef comme une sorte de couronnement de la doctrine républicaine. C'était assez et trop qu'elles eussent préparé la défaite de la France ; il leur fut interdit de l'achever. James Darmesteter, qui s'essayait à cette époque, sous le pseudonyme de Lefrançais, dans la <( littérature » de vulgarisation populaire, s'en fut un jour au Ministère de l'Instruction publique pour y présenter un livre de Lectures patriotiques, dans lequel il s'efforçait d'inspirer à la jeunesse l'amour de la paix et l'horreur de la guerre; le Ministre lui promit de mettre ce volume aux mains de tous les enfants... lorsque la France aurait recouvré l'Alsace et la Lorraine1.

En modelant les cerveaux enfantins qui lui étaient confiés, l'Université républicaine d'il y a vingt ans y voulait graver l'empreinte de certains souvenirs, de certains regrets, de certaines espérances. Elle avait de jeunes maîtres qui trouvaient autant d'attrait à inculquer à leurs élèves le culte de la patrie que d'autres en trouvent, aujourd'hui, à soulever contre l'armée, — cette armée qui est la nation même, — l'orgueilleuse intelligence de quelques écoliers prétentieux. Qui ne se souvient, parmi ceux qui ont dépassé la

.1. Le fait est raconté par M. Max O'Rell, dans un récent article du Figaro.

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