‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 83 sur 331 · ERCKMANN-CHATRIAN · texte numérisé non relu

ERCKMANN-CHATRIAN

Et la Paix renvoyait la Guerre aux casernes et aux brasseries, en la priant de ne point compter sur les femmes. Et les couples mal assortis de prétoriens ressuscites et de femmes éplorées s'en allaient dans les coulisses, pour redevenir de pacifiques élèves du Petit-Château.

Onze ans après la campagne d'Italie, en 1869, Macé, estimant que « la guerre n'est, à le bien prendre, qu'une vieille tradition de l'enfance des peuples et que les débats de gloire militaire ne sont pas moins puérils dans la bouche des hommes que dans celle des petites filles », présenta V Anniversaire de Waterloo sur la scène du monde, escomptant le même effet qu'il avait produit sur la scène du Petit-Château. Il eut lieu d'être satisfait : « J'ai vu dans ce livre, lui écrivait une de ses anciennes élèves, une invitation à se rallier à la Ligue de la Paix : j'en suis moralement, et, lors de la question du Luxembourg, j'eus occasion de ramener à des idées de paix un bouillant capitaine d'état-major. » Les «frères » hanovriens de l'ancienne loge l'Ours noir remerciaient Macé, et souhaitaient que ces idées se propageassent « dans le cœur des deux nations ».

L'œuvre littéraire de deux maçons d'Alsace1, Erckmann et Chatrian, fut consacrée presque tout entière à cette propagande. Leurs premiers écrits : Hugues le Loup, Daniel Roch, les Contes des bords du Rhin, les Contes de la Montagne, n'étaient rien plus que des œuvres d'imagination, aimables et curieuses par leur réalisme pittoresque. A par-

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