Loge Alsace-Lorraine, 1872-1890, p. 37 (Davy
tir de 1863, à mesure que se développaient l'esprit d'internationalisme et la défiance à l'endroit des armées permanentes, les romans d'Erckmann et de Chafrian acquirent une plus sérieuse portée. Madame Thérèse et le Conscrit de 1813 développèrent cette idée qu'une armée de citoyens exclusivement destinée à des guerres défensives — les seules qui soient séantes, — est invincible; Waterloo et r Histoire d'un paysan furent une violente satire contre l'esprit de conquête et contre le militarisme dont cet esprit est le fruit. « Que les despotes qui divisent les nations pour les opprimer disparaissent de ce monde, et que la sainte fraternité réunisse tous les peuples de la terre dans une même famille ! » C'est en ces termes que le docteur Wagner, représentant des deux écrivains, conclut Madame Thérèse. — Joseph Bertha fut conscrit en 1813, soldat encore à Waterloo; il maudit les batailles de 1813, épisode suprême de « ces guerres de conquête qui rapportent à leur auteur, non la gloire d'un homme, mais la gloire d'une bête sauvage » ; il se laisse enfiévrer à Waterloo, quelques minutes durant, par une proclamation de Napoléon; mais il réagit aussitôt : « Est-ce que ce n'est pas une véritable abomination que de penser qu'un roi, un empereur, au lieu de surveiller les affaires de son pays, d'encourager le commerce, de répandre l'instruction, la liberté et les bons exemples, vient nous réduire par centaines de mille en cet état?» et il souhaite « que le Seigneur nous débarrasse de la gloire des armes pour les siècles des siècles ». Sainte-Beuve avait un mot cruel pour définir