Vereinigten Staaten von Europa, 19 et 26 avril
nous a été accessible. La thèse avait la rigueur d'un syllogisme.
Du jour où le genre humain se refusera à fournir de la chair à canon, il ne peut plus y avoir de guerres, ni générales ni locales : telle était la majeure.
Or voici lamineure, — on y devine, tout de suite, le pédagogue futur : — l'un des moyens d'action les plus efficaces sur le genre humain, c'est l'instruction.
Donc — retenons la conclusion — pour faire contrepoids à ce catéchisme où l'on apprend à adorer le Dieu des armées et à chanter le Te Deum, il importe d'établir un système d'instruction qui visera, par mille petits moyens, à expulser des jeunes cerveaux le militarisme césarien, à flétrir les grands tueurs d'hommes, à leur arracher l'auréole qu'un Thiers et qu'un Béranger leur ont laissée, « à faire passer à l'état de vérité généralement comprise cette idée que tout homme a le droit et le devoir de refuser sa collaboration pour une boucherie 1 ».
Il y a des pentes où l'on dévale aisément : au terme de ces aspirations où se complaisaient une grande partie de l'opposition républicaine, toute la maçonnerie, les Macé et les Erckmann- Chatrian, voici surgir à l'improviste , sous une plume de pédagogue, la plus égoïste des conclusions, celle qui permet à la libre volonté
1. Cf. ces mots du pasteur Coquerel: «Un soldat est un instrument de mort... Forcer à ce métier, et à ce métier seul, l'élite de la jeunesse, c'est dégrader, c'est asservir, c'est réduire à l'état de machines ceux que Dieu a fait hommes. Et quelles machines! des machines à meurtre... » (Lariieu, Gu&m à la guerre, pp. 69-70. Paris, Quillaumln.)