Monde maçonnique, 1868-1869, pp
Les Congrès suisses de la Ligue de la Paix et de la Liberté. — Meeting révolutionnaire de Genève (1867) — Garibaldi et la « négation du militarisme ». — M. Clamageran et le drapeau français. — Création du journal les Etats-Unis d'Europe. — Congrès de Berne (1868) : discussions sociales qui y jettent le trouble. — Congrès de Lausanne (1869). — Un rêve de Victor Hugo : l'Europe transformée en une vaste Suisse. — Un plan de campagne contre les armées : M. Buisson. — Sages réserves de Jules Ferry.
« La liberté par la paix ! » telle était la formule par laquelle Santallier mettait au premier plan l'idée de pacification et amusait les impatients piaffements de certains révolutionnaires trop empressés. Justement à, la même époque, trois Congrès suisses prenaient pour devise : « La paix par la liberté M » et le simple renversement de la formule suffisait à faire de ces Congrès trois meetings à peu près anarchistes.
Un journaliste républicain, Mangin, du Phare de la Loire, en eut l'initiative. La bienveillance d'Henri Chevreau, quelque temps durant préfet de la Loire- Inférieure, avait assuré à Mangin certaines immunités ; il pouvait imprimer u des choses qu'aucun autre journal n'aurait jamais osé insérer2. » Le 5 mai 1867, il lança l'appel3; le 5 sep-
1. Annales du Congrès de Genève,^, vm (Genève, Vérésoff et Garrigues, 1868). En adhérant au premier Congrès de Genève, Quinet demanda qu'il devînt « une machine de guerre contre toutes les tyrannies, vieilles et nouvelles. » (M"" Edgar Quinet, Edgar Quinet depuis l'exil, p. 321. Paris, Calmann Lévy, 1889.)
2. W. De Fonvielle, Bévue Bleue, 27 août 1898, p. 268. — Weill, Histoire du parti républicain, p. 475 (Paris, Alcan, 1900).